Image traitement Chirurgie de la poitrine

Lipostructure mammaire

L’augmentation des seins par lipostruture ou lipofilling mammaire

La lipostructure mammaire définit l’injection de graisse dans les seins. Elle permet de redonner du volume à la poitrine d’une façon naturelle, sans implant mammaire et sans risque de rejet (puisque c’est la propre graisse de la patiente qui est injectée).

Avant toute chose, il faut bien comprendre que l’augmentation mammaire par injection de graisse, ne peut remplacer toutes les indications de chirurgie d’augmentation mammaire. Les prothèses mammaires restent pour l’instant le traitement de choix pour l’augmentation de volume des seins, notamment chez les patientes qui souhaitent une augmentation significative avec un changement important de leur sein.

L’injection de graisse dans les seins permet une augmentation plus modérée du volume, du fait de la résorption systématique d’une partie de la graisse injectée. Classiquement, on considère que la lipostructure mammaire peut créer une augmentation de volume équivalent à une prothèse mammaire de 200 – 250 cc maximum, soit entre 1 et 1,5 bonnets d’augmentation maximale.

En revanche, les séances de lipostructure mammaire peuvent être répétées au bout de 3 mois, ce qui peut permettre une augmentation mammaire importante à terme. Une seconde intervention pourra donc permettre d’obtenir un volume plus important, voire même de créer une poitrine importante semblable à des prothèses plus volumineuses. Cette seconde intervention a une durée et un coût équivalent à celui de la première intervention, le plus souvent.

Validation de la lipostructure mammaire esthétique par la Société Française de Chirurgie Plastique

La lipostructure mammaire a été controversée, du fait des craintes que l’injection de la graisse (par les facteurs de croissance associés à la graisse) pourrait activer d’éventuels cancer du sein. Ce risque est aujourd’hui considéré comme négligeable, et depuis novembre 2011, cette intervention a bénéficié d’une validation scientifique par la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique.

Depuis janvier 2015, la Haute Autorité de Santé a confirmé la validation scientifique du lipofilling mammaire, et autorise l’utilisation de cette technique en chirurgie plastique réparatrice et esthétique du sein.

Avantages et inconvénients du lipostructure mammaire

La lipostructure mammaire est une intervention très séduisante, car elle permet un remodelage et de la silhouette dans le même temps. Cependant, comme toute intervention de chirurgie esthétique, il existe des limites qu’il convient de connaître, pour ne pas être déçue. La patiente doit donc avoir parfaitement connaissance des avantages et inconvénients de la lipostructure mammaire avant de décider de se procédé chirurgical par rapport à une intervention plus classique par prothèse mammaire.

Les candidates

Depuis janvier 2015, la Haute Autorité de Santé a levé toute restriction d’âge. Les patientes peuvent donc bénéficier d’une lipostructure mammaire après l’âge de 35 ans, contrairement aux anciennes restrictions.

Les patientes présentent les défauts du sein suivants :
• hypotrophie mammaire modérée qu’elle qu’en soit la cause : constitutionnelle, après grossesse, après allaitement, amaigrissement… Les patientes souhaitent donc une augmentation mammaire naturelle.
• asymétries mammaires modérées, qui pourra éventuellement nécessiter la réduction d’un sein controlatéral trop gros et tombant.
• En association à une augmentation mammaire par prothèses mammaires chez une patiente trop mince, chez qui les contours de l’implant risquent d’être visibles. Cela permet alors d’obtenir de plus gros volumes, avec un aspect naturel : c’est l‘augmentation mammaire composite.
• pour améliorer les contours du sein chez une patiente porteuse de prothèses mammaires : réduction de plis, amélioration du galbe du sein…
• A part, en reconstruction mammaire après cancer, pour reconstruire un sein ou corriger des séquelles de tumorectomie.

Critères pour permettre l’augmentation mammaire par injection de graisse

En France, la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) a défini des critères précis pour autoriser cette procédure, qui correspondent aux cas de faible risque de coïncidence avec un cancer du sein :
• Absence d’antécédent personnel ou familial de cancer du sein
• Un bilan radiologique préopératoire (échographie et mammographie) réalisé par un radiologue entrainé est considéré comme indispensable, et sa normalité (ACR1 ou ACR2) est le préalable indispensable à la réalisation de cette intervention.
• La SOFCPRE recommande en outre que la patiente s’engage à faire réaliser un bilan d’imagerie de référence un an après cette intervention, si possible par le même radiologue, puis à rester sous surveillance médicale régulière.

Contre-indications à l’augmentation mammaire par lipostructure mammaire

La patiente ne peut pas bénéficier d’une lipostructure mammaire dans les cas suivants :
• Antécédent personnel ou familial de cancer du sein
• Un bilan radiologique du sein préopératoire anormal
• Absence de graisse en quantité suffisante au niveau de la silhouette pour permettre une lipostructure
• Patiente souhaitant une augmentation mammaire importante supérieure ou égale à 2 bonnets, en une seule intervention.

Technique de lipostructure mammaire

L’injection de graisse dans le sein doit est une véritable intervention chirurgicale. Elle est réalisée par un chirurgien plasticien formé spécifiquement à ce type de technique. Elle est obligatoirement réalisée dans un bloc opératoire, en milieu stérile, comme toute intervention chirurgicale.

Première étape : le prélèvement de la graisse par liposuccion

La graisse est prélevée dans les zones où elle est en excès. Le plus souvent, il s’agit de la culotte de cheval, face interne de cuisse et de genou, poignées d’amour…Nous la prenons dans toutes les zones où elle est en surcharge, à condition que la peau soit de bonne qualité pour réduire le risque d’irrégularités de la peau post-opératoires. Il s’agit d’une véritable lipoaspiration, qui est réalisée de la façon la moins traumatisantes possibles. Pour cela, des évolutions techniques rendent cela réalisable :
• Canules fines
• Faibles puissance d’aspiration
• Trajet d’aspiration régulier et harmonieux, pour réduire les vagues sur la peau dans les suites opératoires

Deuxième étape : traitement de la graisse pour réduire la résorption de la graisse injectée

• Centrifugation pendant 1 à 3 minutes qui va permettre de séparer les cellules graisseuses de bonne qualité, des tissus inutiles (sang, huile)
• Filtres pour purifier la graisse : ce sont des systèmes de lavage et filtrage de la graisse, plus rapide que la centrifugation, et utiles en cas de gros volumes injectés. Nous utilisons Puregraft.

Troisième étape : augmentation mammaire par injection de la graisse

• Réalisation de micro-incisions de 1 à 2 mm dans le sillon sous-mammaire
• La graisse est alors injectée à l’aide de canules fines en plusieurs couches pour permettre d’augmenter la surface de contact entre les greffons implantés dans le sein et les tissus receveurs, ce qui permettra de mieux vasculariser les cellules graisseuses, et donc augmenter la stabilité du résultat
• La graisse est injectée dans la glande jusque sous la peau, entre la glande et le muscle grand pectoral, dans le muscle grand pectoral, et entre le muscle et les côtes.

Comment se déroule la consultation avant l’intervention ?

2 consultations de chirurgie plastique espacées de minimum 15 jours sont obligatoires avant l’intervention. Un examen clinique au cabinet médical est systématique avec palpation des seins pour s’assurer de l’absence d’anomalie et interrogatoire complet pour s’assurer de l’absence de cancer du sein dans la famille de la patiente. Un bilan radiologique du sein est obligatoire : mammographie et échographie du sein, voire IRM. Ce bilan est obligatoire, car le sein doit être strictement normal pour bénéficier de la lipostructure.
Les consignes médicales systématiques les plus importantes sont les suivantes :
• Arrêt strict du tabac 2 mois avant l’intervention, pour améliorer la prise de greffons graisseux, grâce à une meilleure vascularisation du sein.
• Arrêt de la prise d’aspirine, d’anti-inflammatoires, ou d’anti-coagulants oraux dans les 15 jours qui précédent l’intervention, pour réduire le risque hémorragique.
• Arrêt de la contraception orale 1 mois avant l’intervention, pour diminuer le risque thrombo-embolique.
• Éviter les grossesses dans les 6 mois qui suivent l’augmentation mammaire pour éviter de détériorer le résultat esthétique de l’intervention.

Déroulement de l’intervention

Quel est le type d’anesthésie ?

Classiquement, l’intervention est réalisée sous anesthésie générale.

L’hospitalisation

L’hospitalisation peut se faire en ambulatoire le plus souvent. En cas de lipoaspiration importante supérieure à 3 litres dans le même temps opératoire, une hospitalisation d’une nuit est conseillé. L’intervention dure 1h30 à 3 heures selon l’importance de la lipoaspiration.

Quelles sont les suites opératoires ?

L’hospitalisation est courte avec sortie le jour même en ambulatoire, ou le lendemain. Les douleurs sont en modérées, plus importantes au niveau des zones aspirés, et soulagés par les antalgiques simples. Il est classique de présenter après l’intervention :
• Des ecchymoses (bleus) qui disparaissent en 19 jours maximum, le plus souvent au niveau des zones de prélèvements
• Des œdèmes sur les zones de prélèvement et les seins qui disparaissent entre 1 et 3 mois.

La reprise de l’activité professionnelle est rapide : 2 à 5 jours, selon l’étendue de la liposuccion pour prélever la graisse. L’arrêt du sport est conseillé pendant 6 semaines. Un suivi régulier avec consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an est prévu.

La patiente doit s’engager à un suivi clinique et radiologique régulier annuel.

Quel est le résultat ?

Le résultat final s’obtient entre 4 et 6 mois, une fois que la graisse qui n’a pas prise s’est résorbé. Si la résorption est importante, ce qui varie d’une patiente à l’autre, ou si la patiente souhaite plus de volume, une seconde intervention peut être réalisée en moyenne 6 mois après la première. Au-delà de 6 mois, le résultat est considéré comme définitif. Il est le plus souvent très satisfaisant, apportant une nette augmentation de volume, avec amélioration du galbe du sein. Cependant, il faut savoir que la graisse a une mémoire génétique, et de fait, lorsque la patiente grossit ou maigrit, le volume des seins varie de la même façon.

Les complications envisageables

Les complications de la chirurgie d’augmentation mammaire par injection de graisse sont heureusement très rares.
• Risques de l’anesthésie : ils seront expliqués par le médecin anesthésiste Les accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire)
• Infection
• Une lésion profonde intra-thoracique : pneumothorax , cœur, vaisseaux , mais exceptionnel
• Cytostéatonécrose
• Kystes huileux
• Imperfections de résultats : asymétrie, résorption trop importante, insuffisance de volume, volume trop important, irrégularités
• Au niveau des zones de prélèvements : tous les risques de la lipoaspiration

Prix de la lipostructure mammaire

Le prix de la lipostructure mammaire dépend de nombreux paramètres. D’une manière générale, en dehors de malformations ou de reconstruction mammaire après cancer, la lipostructure du sein n’est pas pris en charge par la sécurité sociale.

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